Archives de catégorie : Extraits et citations

Observer la peur

« Pouvez-vous observer la peur sans rien en conclure, sans qu’interviennent les connaissances que vous avez accumulées à son sujet ? Si vous ne le pouvez pas, c’est que vous observez le passé, non la peur ; si vous le pouvez, c’est que vous observez la peur pour la première fois, sans qu’intervienne le passé. Cela ne peut se produire que lorsque la pensée est très silencieuse, de même que l’on ne peut écouter un interlocuteur que lorsqu’on ne bavarde pas intérieurement, poursuivant un dialogue avec soi-même au sujet d’inquiétudes et de problèmes personnels.

De la même façon, pouvez-vous regarder votre peur sans vouloir la résoudre au moyen de son opposé, le courage ? La regarder vraiment sans essayer de vous en libérer ? Lorsqu’on dit : « Je dois la dominer, je dois m’en débarrasser, je dois la comprendre », c’est qu’on cherche à la fuir.

Nous pouvons observer d’un esprit assez tranquille un nuage, un arbre ou le courant d’une rivière, qui n’ont, pour nous, que peu d’importance, mais nous observer nous-mêmes est bien plus difficile, car nos exigences sont d’un ordre pratique, et nos réactions sont si immédiates ! Lorsque nous nous trouvons directement en contact avec la peur, ou le désespoir, ou la solitude, ou la jalousie, ou avec tout autre état d’esprit haïssable, pouvons-nous le regarder assez complètement pour que nos esprits se calment et nous permettent de voir ?

Pouvons-nous percevoir la peur elle-même dans sa totalité, et non ses différents aspects, non les sujets de notre peur ? Si nous considérons ceux-ci en détail, en les abordant un à un, nous ne parviendrons jamais au cœur de la question, qui consiste à apprendre à vivre avec la peur.

Pour vivre avec une chose vivante telle que la peur, Il faut avoir l’esprit et le cœur extraordinairement subtils, n’ayant rien conclu à son sujet, et qui peuvent, par conséquent, suivre tous les mouvements de la peur. Si, alors, vous l’observez et vivez avec elle – ce qui ne prendrait pas toute une journée, car en une minute, en une seconde on peut percevoir toute sa nature – si vous vivez avec elle, vous vous demandez inévitablement quelle est l’entité qui vit avec la peur. Qui est celui qui l’observe, qui épie tous les mouvements de ses différentes formes, tout en étant conscient de ce qu’elle est en essence ? L’observateur est-il une entité morte, un être statique, ayant acquis de nombreuses informations et connaissances à son propre sujet ? Est-ce bien cette chose inanimée qui observe la peur et qui vit en son mouvement ? L’observateur n’est-il rien que du passé ou est-il une chose vivante ? Que répondez-vous à cela ? Ce n’est pas à moi que vous devez répondre, mais à vous-mêmes. Êtes-vous, vous l’observateur, une entité morte essayant d’observer une chose vivante, ou un être vivant, qui observe une vie en mouvement ? Remarquez que dans l’observateur ces deux états existent. Il est le censeur qui refuse la peur. L’observateur est la somme de toutes ses expériences de la peur ; il est donc séparé de cette chose qu’il appelle peur, de sorte que se produit un espace entre lui et elle. Soit qu’il cherche à l’affronter pour la subjuguer, soit qu’il la fuie, il en résulte toujours une bataille, qui est une telle perte d’énergie !

En l’observant vous apprendrez que l’observateur n’est qu’un paquet d’idées et de mémoires sans validité ni substance, cependant que la peur étant un fait actuel vous ne pourrez jamais la comprendre au moyen d’une abstraction. Et, en vérité l’observateur qui dit « j’ai peur » est-il autre chose que cette peur qu’il observe ? La peur, c’est lui. Lorsque cela est compris, on ne dissipe plus tant d’énergie pour s’en débarrasser et la distance entre elle et l’observateur disparaît. Lorsque vous voyez que vous êtes une partie intégrante de la peur, que vous êtes elle en vérité, vous ne pouvez plus rien faire à ce sujet, et la peur parvient à sa fin ultime. »

Jiddu KRISHNAMURTI, Se libérer du connu, éd. Le Livre de Poche, 2004 (édition originale : 1969), pp. 46/-48

Sur la liberté d’expérimenter

« Je crois à un certain degré de liberté, liberté de trouver les choses par soi-même à sa propre manière, liberté même de commettre des bévues. La Nature nous conduit à travers diverses erreurs et excentricités. Quand la Nature a créé l’être humain avec toutes ses possibilités de bien et de mal, elle savait très bien ce qu’elle faisait.La liberté d’expérimenter est une grande chose dans la vie humaine. Sans la liberté de prendre des risques et de commettre des erreurs, il ne peut pas y avoir de progrès. »

Sri Aurobindo cité par Georges Van Vrekhem dans Au-delà de l’espèce humaine – La vie et l’œuvre de Sri Aurobindo et de la Mère, éd. Latin Pen – Auroville, 2004 (1999 pour la première édition), Chapitre 14 : La Mère et le « laboratoire », p. 179

Intention 2013

«J’ai goûté au chemin mystique : le coeur, les sentiments, l’amour. J’ai goûté au chemin spirituel : l’étude, le savoir. J’ai aussi suivi le chemin des réalisations par le travail et la volonté. Et pourtant, je ne veux pas choisir de suivre l’un ou l’autre seulement, mais les trois.» (Omraam Mikhaël Aïvanhov)

Belle et heureuse année dans la lumière, l’amour et la joie.

Synchronicité et coïncidence : vers un état d’unité ?

Le Yi King ouvre des champs de coïncidences, c’est-à-dire qu’il favorise ou permet de prendre conscience des synchronicités qui guident discrètement celui qui se remet en question assez profondément pour abandonner ses repères et continuer pourtant à avancer (est-ce dans le chan que l’on dit qu’il faut d’abord sauter dans le vide et qu’alors les ailes se mettent à pousser ?).

Une définition de la synchronicité est donnée par Massimo Teodorani dans Synchronicité (voir Bibliographie pour références exactes) :

« La synchronicité survient comme une coïncidence d’événements dans l’espace et le temps, comme quelque chose qui va bien au-delà du pur hasard ; il s’agit d’une interdépendance particulière entre des événements objectifs, ou entre des événements objectifs synchrones et l’état subjectif de l’observateur. » [Carl Gustav Jung]

« L’esprit (le psychisme) et la matière ne sont donc pas disjoints, mais interagissent totalement, de façon synchrone. Et il n’y a pas un seul esprit et un seul morceau de matière, existant individuellement, mais un nombre infini de morceaux de matière / esprit, unis et synchronisés en un tout unique.

Ce que nous croyons alors être notre psychisme ne l’est pas, mais est notre capacité à nous relier à une grande source universelle qui nous unit tous (…) La clef du bonheur, de la sérénité et de la vie même, est de prendre conscience de notre appartenance à un univers infini. »

N.B. : La synchronicité favorable à notre évolution peut aussi, à l’occasion, prendre la forme d’un coup de pied au c.. On n’a pas dit que les situations « utiles » étaient toujours agréables sur le moment. C’est dire s’il faut désirer profondément changer, et être prêt à lâcher même – et surtout peut-être – ce que l’on considère comme « bien ».

L’enfer est pavé de bonnes intentions (ou comment faire le malheur de celui qu’on prétend aider)

« Le souverain de la mer du Sud s’appelait Rapidement ; le souverain de la mer du Nord s’appelait Soudainement ; le souverain du Centre s’appelait Indistinction. Un jour, Rapidement et Soudainement s’étaient rencontrés au pays d’Indistinction qui les avait traités avec beaucoup de bienveillance. Rapidement et Soudainement voulurent récompenser son bon accueil et se dirent : « L’homme a sept orifices pour voir, écouter, manger, respirer. Indistinction n’en a aucun. Nous allons lui en percer. » S’étant mis à l’œuvre, ils lui firent un orifice par jour. Au septième jour Indistinction mourut. »

Tchouang Tseu, Oeuvres complètes, chapitre VII : « L’idéal du Souverain et du Roi »

Connais-toi toi-même

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux », dit la philosophie occidentale au travers de Socrate.

« Le chant de l’origine des quatre natures », cité par Jean Gortais dans  Taiji Quan (éd. Le Courrier du Livre, 2009), dit :

« Les autres ne connaissent pas ma nature.
De même que je ne connais pas la nature des autres,
La nature des choses comme celle des hommes,
Ainsi que la nature universelle.
Cette nature universelle est telle que ma nature partielle.
Si je connais ma nature propre,
Je connaîtrai la nature universelle. »

De fait, il me semble qu’une pensée véritablement altruiste commence par le développement assumé d’une part d’égoïsme salutaire, pour éviter de boiter des deux pieds en vivant dans l’illusion qu’on marche droit.  Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit la sagesse populaire.

Taoïsme et psychothérapie

Extrait de Le Monde du Tao – Créativité et taoïsme de Chang Chung-Yuan, éditions Stock,  1971 :

« La valeur du Tao réside dans son pouvoir de réconcilier les contraires à un niveau supérieur de la conscience, représenté symboliquement par la lumière dans le taoïsme. Réconcilier les polarités pour atteindre à une existence équilibrée et à une meilleure intégration, tel est l’objectif de la psychothérapie. Jung* constatait que la méthode qu’il appliquait depuis des années rejoignait les sages enseignements des anciens taoïstes :

Mon expérience professionnelle m’a révélé une approche nouvelle et inattendue de la sagesse orientale, mais il doit être bien entendu que je ne suis pas parti d’une connaissance plus ou moins exacte de la philosophie chinoise […] C’est seulement par la suite que mes expériences professionnelles m’ont montré que, dans ma pratique, j’avais été inconsciemment conduit à suivre la voie secrète qui, pendant des siècles, a été la préoccupation des meilleurs esprits de l’Orient.

Quelle est cette préoccupation ? Jung la formule ainsi :

Parce que les choses du monde intérieur nous influencent d’autant plus puissamment qu’elles sont inconscientes, il est essentiel pour qui veut progresser dans la connaissance de soi d’objectiver les effets de l’anima et d’essayer ensuite de comprendre leur contenu sous-jacent. De cette façon, il s’adapte à l’invisible et est protégé contre lui. Aucune adaptation ne peut se faire sans concessions aux deux mondes.

Le possible et le nécessaire procèdent d’une prise en considération des exigences du monde intérieur et du monde extérieur ou, plus exactement, de leurs conflits. Malheureusement notre esprit occidental, manquant à cet égard de toute culture, n’a jamais encore découvert un concept ni même un nom correspondant à l’union des opposés par la voie moyenne (ce point fondamental de l’expérience intérieure) qui puisse être valablement comparé au concept chinois du Tao.

Jamais encore le taoïsme chinois n’avait été aussi bien expliqué à la lumière de la psychologie moderne ni présenté comme un moyen d’élever l’activité mentale de l’homme et d’alléger ses souffrances. Dans cette optique, le mystère de l’antique sagesse orientale, qui met au jour le meilleur de l’homme, n’est plus un mystère mais simplement une voie vers une vie saine et harmonieuse. »

* Les citations de Jung proviennent de l’introduction qu’il écrivit à la traduction du Yi King par Richard Wilhelm en 1929.

Le sens spirituel de la crise

J’ai rencontré récemment The Pathwork of self-transformation d’Eva Pierrakos (éditions Bantam Books, 1990), dont la version française est en rupture d’éditeur.

La version française s’intitule Les chemins de la transformation mais j’aurais tendance à proposer plutôt Le processus de la transformation de soi. Mon niveau en anglais est un peu juste pour comprendre toutes les finesses du discours, d’autant plus que s’agissant d’un texte inspiré, il m’est par moments difficile de savoir si la bizarrerie de langage que je relève provient des limites de mon niveau de maîtrise de l’anglais ou d’une association de mots qui aurait pour but de générer volontairement un décalage de sens, comme cela peut se voir dans la poésie.

Le premier passage dont je propose la lecture ci-après (N.B. : c’est celui que j’ai lu lors de la soirée Yi King du 21 octobre à Avignon) concerne Le sens spirituel de la crise (op. cit., chapitre 11, p. 145 et suivantes). Je l’ai traduit de manière cursive ; c’est-à-dire que j’ai traduit le sens global, ne m’arrêtant sur le dictionnaire que lorsqu’un mot ou une phrase était vraiment trop obscur pour moi. Je suis restée volontairement proche du texte anglais dans la forme, car une traduction littérale, donc un peu lourde, me semble préférable à un rédactionnel plus élaboré qui risquerait de s’éloigner davantage du sens original. J’ai parfois noté entre parenthèses l’expression originale en anglais lorsque son sens me paraissait particulièrement ambigu.

***

« Il y a des moments – et même des périodes qui durent – dans nos vies où soudain tout semble être arrivé à une fin. Nous sommes secoués au plus profond de notre être par des événements qui nous obligent à prendre des décisions difficiles, cependant que nos sentiments sont dans une telle agitation que nous ne savons pas quoi faire. (…)

Quel est le vrai sens, le sens spirituel de la crise ? La crise est une tentative de la nature d’effectuer le changement au travers des lois cosmiques de l’univers. Si le changement est empêché (obstructed) par l’ego, la part de la conscience qui dirige la volonté, la crise va se produire pour rendre possible le changement structurel.

Sans un tel changement structurel dans l’entité, aucun équilibre ne peut être atteint. Toute crise ultimement signifie un tel réajustement, si elle apparaît sous la forme de douleur, difficultés, bouleversement, incertitude, ou simplement de l’insécurité qui vient de la mise en route d’une façon de vivre inhabituelle après en avoir abandonnée une qui nous était familière. La crise sous toutes ses formes essaie de briser les vieilles structures basées sur des conclusions fausses et par conséquent sur la négativité. La crise secoue (défait) les habitudes enracinées et figées (gelées) de manière à ce qu’une nouvelle croissance devienne possible. Elle démolit et elle brise, ce qui est momentanément douloureux, mais la transformation n’est pas pensable sans cela.

Plus une crise est douloureuse, plus la part de la conscience qui dirige la volonté fait obstruction au changement. La crise est nécessaire parce que la négativité humaine est une masse stagnante qui a besoin d’être secouée pour qu’on puisse la laisser partir. Le changement est une caractéristique intégrale de la vie (fait partie intégrante de la vie) ; là où il y a de la vie, il y a un changement permanent. Seuls ceux qui vivent encore dans la peur et la négativité, qui résistent au changement, perçoivent le changement comme une chose à laquelle il faut résister. Ils résistent à la vie même, et la souffrance se resserre encore plus étroitement autour d’eux. Cela survient dans le développement global des personnes aussi bien que dans des situations spécifiques.

Les êtres humains peuvent être libres et en bonne santé dans les domaines où ils ne résistent pas au changement. Ils sont en harmonie avec le mouvement universel. Ils grandissent et expérimentent constamment la vie comme profondément satisfaisante. Cependant ces mêmes individus réagissent complètement différemment dans les domaines où ils ont des blocages. Ils s’accrochent peureusement à des conditions  non changeantes à l’intérieur et à l’extérieur d’eux-mêmes. Là où ils ne résistent pas, leurs vies seront relativement dénuées de crises ; dans les domaines où ils résistent au changement, les crises sont inévitables.

La fonction de la croissance humaine est de libérer les potentiels propres à chacun, qui sont vraiment infinis. Toutefois, là où des attitudes négatives stagnent, réaliser ces potentiels est impossible. Seule la crise peut démolir une structure qui est construite sur des bases qui contredisent les lois de la vérité cosmique, l’amour, et la félicité (bliss). La crise secoue l’état gelé (figé), qui est toujours négatif.

Sur le chemin de l’accomplissement émotionnel et spirituel vous avez besoin de travailler intensément pour vous libérer de vos négativités. Quelles sont-elles ? Les conceptions fausses ; les émotions, attitudes et schémas de comportement destructeurs qui en émanent ; les prétextes (prétentions ? pretenses, pas pretences=prétextes) et les défenses. Mais rien de tout cela ne présenterait trop de difficulté en soi s’il n’y avait la force auto-perpétuante qui pousse chaque aspect négatif dans un élan toujours croissant dans la psyché humaine (But none of these would present too much difficulty in themselves if it were not for the self-perpetuating force that compounds each negative aspect in an ever-increasing momentum within the human psyche.).

Toutes les pensées et les sentiments sont des courants d’énergie. L’énergie est une force qui augmente avec son propre élan, toujours basé sur la nature de la conscience qui nourrit et dirige le courant d’énergie en question. Par conséquent, si les concepts et sentiments sous-jacents s’accordent avec la vérité et donc sont positifs, le mouvement auto-perpétuant du courant d’énergie va faire grandir infiniment (ad infinitum) les expressions et attitudes implicites dans les pensées sous-jacentes. Si les concepts et sentiments sous-jacents sont fondés sur l’erreur et donc sont négatifs, le mouvement auto-perpétuant du courant d’énergie va pousser ( ? compound), bien que pas infiniment (not ad infinitum). »

L’âne au fond du puits (conte)

Un jour, l’âne d’un fermier tomba dans un puits. L’animal gémit pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.

Finalement, il décida que, l’animal étant vieux et le puits devant disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne. Il invita donc tous ses voisins à venir l’aider. Ils saisirent tous une pelle et commencèrent à enterrer l’âne dans le puits. L’âne, réalisant ce qui se produisait, se mit à crier terriblement. Puis il se tut.

Au bout d’un moment, surpris de ne plus entendre l’âne braire à la mort, le fermier regarda au fond du puits et fut bien étonné de ce qu’il y vit : à chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne se  secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Ainsi, pendant que les hommes continuaient à lui jeter de la terre dessus, l’âne se secouait et montait sur le monticule de terre qui s’élevait progressivement. Bientôt, à la stupéfaction générale, l’âne fut hors du puits et se mit à trotter.

La peur, les pensées et la pensée

Dans la traduction du Yi King par Wilhelm et Perrot, il est écrit, au sujet de l’hexagramme 52 (l’Immobilisation ou Stabiliser) :

« Le cœur pense constamment. On ne peut pas changer cela. Mais les mouvements du cœur, c’est-à-dire les pensées, doivent se limiter à la situation vitale présente. Toutes les songeries et les spéculations qui vont plus loin ne font que blesser le cœur. »

Jiddu Krishnamurti, dans La Flamme de l’attention, dit :

« La comparaison, avec toute sa complexité, le désir et le temps, sont des éléments de la peur – de la peur très profondément enracinée. Lorsqu’il y a observation et par conséquent, aucun mouvement de pensée – on observe seulement le mouvement total de la peur – il y a cessation complète de la peur et l’observateur n’est pas différent de l’observé. C’est un élément très important à comprendre. Et pendant que vous observez, complètement, la peur cesse, alors l’esprit humain n’est plus prisonnier du mouvement de la peur. S’il y a une peur quelconque, l’esprit est en désordre, déformé et par conséquent il n’a pas de clarté. Et il doit y avoir de la clarté pour permettre à ce qui est éternel d’exister. Observer le mouvement de la peur en soi-même, en examiner toute la complexité, les ramifications et rester complètement avec elle, sans un mouvement de pensée, c’est la fin totale de la peur. »

« La comparaison, avec toute sa complexité, le désir et le temps, sont des éléments de la peur – de la peur très profondément enracinée. Lorsqu’il y a observation et par conséquent, aucun mouvement de pensée – on observe seulement le mouvement total de la peur – il y a cessation complète de la peur et l’observateur n’est pas différent de l’observé. C’est un élément très important à comprendre. Et pendant que vous observez, complètement, la peur cesse, alors l’esprit humain n’est plus prisonnier du mouvement de la peur. S’il y a une peur quelconque, l’esprit est en désordre, déformé et par conséquent il n’a pas de clarté. Et il doit y avoir de la clarté pour permettre à ce qui est éternel d’exister. Observer le mouvement de la peur en soi-même, en examiner toute la complexité, les ramifications et rester complètement avec elle, sans un mouvement de pensée, c’est la fin totale de la peur. »

Jiddu Krishnamurti, La Flamme de l’attention

 

Apprivoiser l’ombre, oser la lumière

Un peu d’histoire de l’art

La Lutte de Jacob et de l'ange, Rembrandt, 1659, Huile, 137 x 116 cm, Staatliche Museen, Gemäldegalerie, Berlin. Source : http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/rembrandt/luttedejacobaveclange.htmLe chiaroscuro (« clair-obscur ») est une technique picturale dont l’invention est généralement attribuée à Caravage (1571-1610). Elle a été employée par d’autres peintres célèbres, dont Rembrandt (illustration : La Lutte de Jacob avec l’ange, Rembrandt, 1659. Source : http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/rembrandt/luttedejacobaveclange.htm). Le contraste entre les parties lumineuses et les parties sombres y est utilisé de manière à exacerber l’intensité expressive du tableau, lui conférant une dimension tragique. Ce procédé se double souvent d’une intention symbolique, la lumière et l’ombre étant utilisées pour signifier respectivement les aspects célestes (divins, sacrés) ou terrestres de la scène représentée. Il est intéressant de signaler que, quelque sombres que les tons les plus foncés aient pu être lors de la création du tableau, le temps les a en général rendus plus obscurs encore, en raison du vieillissement de certains pigments et vernis utilisés. Hexagramme 48, le PuitsC’est le cas aussi des tableaux « au bitume » du XIXe siècle, qui ont mal supporté d’être privés d’exposition à la lumière (le phénomène est parfois réversible : exposer l’œuvre au grand jour ranime sa part de lumière). Comme le Puits (hexagramme 48) qui ne s’épuise que si on n’y puise pas, il semblerait donc que l’œuvre s’abîme si on ne la voit pas.

Dialogues de sourds ordinaires (a priori, aucun rapport, mais c’est pas grave)

Hexagramme 30, Le Feu, Lumière, Filet d'oiseleur, Ce qui attacheBien sûr, il y a toujours le risque de l’illusion, la pire de toute étant celle que l’on peut entretenir au sujet de soi. Bien sûr aussi, il y a le vertige des hauteurs, éblouissement de celui qui, trop tôt ou inopportunément, veut regarder le soleil en face. Bien sûr il y a mille erreurs d’interprétation possibles ; et dix mille raisons de douter, cent mille doutes que l’on ose à peine formuler. Mais rester toujours dans l’ombre de ce que l’on pourrait être, est-ce la solution (à quoi ?) ? Vivre, c’est prendre des risques – question de choix originel.

Logique Shadok. Source : http://membres.multimania.fr/shadoks/paspb.jpgSolution : définitions courantes (puisées par là >)

  • Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
  • Action de résoudre: solution d’un problème.
  • Dénouement d’une difficulté.
  • Conclusion.

J’ajoute, m’appuyant sur le Yi King, que le problème porte toujours en lui le germe de sa solution (même si ça peut être contrariant de l’admettre quand on se trouve face à un mur). « C’est dans l’ombre qu’il est bon de croire à la lumière » (dixit Edmond Rostand et/ou quelques-autres, sûrement).

La bataille des ombres selon Tchouang Tseu

« Un homme était tellement perturbé par la vue de son ombre et tellement mécontent de ses propres traces de pas qu’il décida de se débarrasser des deux.
La méthode qui lui vint à l’esprit fut de s’en éloigner en courant. Il se leva donc et courut, mais chaque fois qu’il posait un pied, il y avait une nouvelle trace, tandis que son ombre le suivait sans aucune difficulté.
Il attribua son échec au fait qu’il ne courait pas assez vite. Il courut donc de plus en plus vite, sans s’arrêter, jusqu’à ce qu’il tombe raide mort.
Ce qui lui échappa, c’est que s’il avait simplement marché dans l’ombre, son ombre aurait disparu et que s’il s’était assis et tenu tranquille, il n’y aurait plus eu de traces. »

L’incitation à ne pas avoir peur de grandir de Nelson Mandela

« Nous ne craignons pas tant notre incompétence que notre incommensurable puissance. C’est la luminosité de notre âme, et non ses ténèbres, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : «Pourquoi serais-je, moi, un être brillant, magnifique, talentueux, formidable?» En réalité, pourquoi ne le seriez-vous PAS ? Votre manque de grandeur ne sert pas le Monde. Il n’y a aucune noblesse à rester médiocre pour rassurer les autres. La grandeur n’est pas l’apanage de quelques élus ; elle se trouve en chacun de nous. Lorsque nous laissons notre âme répandre sa lumière, nous permettons inconsciemment aux autres de révéler la leur. Lorsque nous nous affranchissons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. »
Résonance, voire communion plus que communication ?

L’existence comme une mer d’ombre sur laquelle il s’agit d’apprendre à marcher pour créer sa vie

Après un minimum de « travail sur soi » [aparte : essayer de trouver une expression moins besogneuse et moins moche pour remplacer celle-là], on admet assez facilement, au moins sur le principe, qu’il est souhaitable, ne serait-ce que pour vivre un peu plus heureux (ou un peu moins malheureux, c’est selon), de se désidentifier de sa part d’ombre (comprendre : tu n’es pas ta peur, ni ta colère, ni tout ce que tu  considères comme négatif en toi, à supposer que tu le voies). On  a généralement un peu plus de mal à réaliser la même opération de mise à distance par rapport à ce que l’éducation principalement nous incite à considérer comme « lumineux », « bien » ou « bon » ; c’est moins valorisant d’admettre que l’ensemble de nos supposées vertus n’est pas davantage ce « moi » véritable dont on peut espérer se rapprocher à force d’éplucher l’oignon des croyances et des habitudes. En gros, « je » ne suis ni ma part d’ombre, ni ma part de lumière – bien au contraire, comme dirait Coluche. Que reste-t-il au cœur de l’oignon, une fois qu’on l’a tout bien épluché ? La réponse est peut-être dans la question.

Nature morte ou vie tranquille ?

Nature morte à l'assiette d'oignons, Van Gogh, 1889. Source : http://www.yes-we-art.com/22621-22623/nature-morte-a-l-assiette-d-oignons-1889.jpgLa « nature morte » est un genre de tableau qui représente un groupe d’objets inanimés, issus du quotidien. La même chose se dit « still life » en anglais et « still Leben » en allemand, soit « vie tranquille »  ou « vie immobile ». Question de point de vue ?

Je rappelle que mes propos, c’est-à-dire l’ensemble des contenus de ce site et la manière de les présenter, n’engagent que moi et ne prétendent pas avoir une quelconque valeur de vérité.

Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
Solution tampon: solution assez concentrée dont le pH reste constant lorsqu’on y ajoute un acide ou une base, ou malgré sa dilution.
Action de résoudre: solution d’un problème.
Dénouement d’une difficulté.
Conclusion.
Interruption: solution de continuité.Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
Solution tampon: solution assez concentrée dont le pH reste constant lorsqu’on y ajoute un acide ou une base, ou malgré sa dilution.
Action de résoudre: solution d’un problème.
Dénouement d’une difficulté.
Conclusion.
Interruption: solution de continuité.

A Yo Ou (contre la tentation de la pensée unique)

Il était une fois un saint derviche à qui l’on avait révélé le mantra suprême qui peut, si on le répète le plus souvent qu’il est possible, conférer tous les pouvoirs surnaturels que l’exercice de la sagesse permet en ce monde.

Il marchait le long d’un fleuve, perdu dans ses pensées.

« A YO OU, A YO OU, A YO OU… », répétait-il à chacun de ses pas avec application et conviction.

En regardant le fleuve couler, la pensée lui vint que peut-être, un jour, il pourrait marcher sur les eaux, à l’exemple de tant de sages avant lui, par la grâce de ce mantra.

Soudain, son attention fut attirée par une sorte de plainte lointaine qui montait d’une île sur le fleuve.

En avançant, il put enfin distinguer le son de la voix qui chantait : « O YA OU, O YA OU, O YA OU… »

« Ce n’est pas là le mantra véritable, pensa-t-il aussitôt. Quel malheur de perdre ainsi tant d’énergie faute de connaître la vérité ! »

Et il aperçut un pauvre hère assis devant une butte qui, tout en tissant, chantait simplement : « O YA OU, O YA OU, O YA OU… »

Pris de compassion, son zèle s’enflamma et il courut au plus vite pour remettre sur le droit chemin celui qui, sans doute par ignorance, s’égarait ainsi loin de la vérité.

Apercevant une barque sur la berge, il monta dedans, rama vers l’île où il accosta. Puis il s’adressa à l’ermite solitaire :

« Frère, j’ai entendu au loin ta prière, et je suis venu t’enseigner le mantra véritable. Ce que tu chantes n’est pas juste, et il n’est pas bon que tu perdes ainsi tout le bénéfice de ta prière. La véritable formule qu’il convient de répéter est, tous les anciens sages l’attestent, « A YO OU, A YO OU, A YO OU… »

« Ah ! Merci, frère, de t’être donné tant de peine pour moi », répondit le pauvre homme. Et il raccompagna le derviche jusqu’à la barque.

Celui-ci ramait en direction du rivage. Il entendait monter dans l’air le mantra véritable « A YO OU, A YO OU, A YO OU… » et il avait une grande satisfaction d’avoir pu rendre service ainsi, grâce à Dieu, à cet inconnu auprès duquel, il n’en doutait pas, la providence l’avait envoyé pour son édification.

Quand, soudain, il entendit : « O YA OU, O YA OU, O YA OU, O YA OU… »

« Ah ! se dit-il, toute cette fatigue pour rien ! Vraiment il est dur et pénible d’enseigner la vérité. Voilà cet homme retombé déjà dans l’erreur… mais enfin, j’ai fait ce qui était mon devoir pour lui. »

Cependant, le chant s’était tu.

Le derviche ramait toujours, et il avait fait la moitié du chemin lorsqu’il vit, venant vers lui en marchant sur les eaux, le pauvre hère qui lui dit :

« Frère, je ne me rappelle plus très bien ce qu’il faut dire. Comment est-ce déjà ? »

(D’après une tradition orientale populaire. Cette histoire figure également dans d’anciens manuscrits derviches. – C’est ce qui est noté en référence sur l’exemplaire papier dont je dispose).

Les oiseaux blancs et les oiseaux noirs (conte soufi)

« Les hommes sont, les uns par rapport aux autres, comparables à des murs situés face à face. Chaque mur est percé d’une multitude de petits trous, où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises paroles. Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles.

Les oiseaux blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d’oiseaux blancs ; et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des trous d’oiseaux noirs. Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l’un de l’autre. Appelons-les Youssouf et Ali.

Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son égard et lui envoie une très mauvaise pensée. Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s’envole vers Ali et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme. Si, de son côté, Ali n’a pas envoyé d’oiseau noir vers Youssouf, c’est-à-dire s’il n’a émis aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide. Ne trouvant pas où se loger, l’oiseau noir de Youssouf sera obligé de revenir vers son trou d’origine, ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et détruire Youssouf lui-même.

Mais, imaginons que Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré un trou où l’oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d’y déposer une partie de son mal et y accomplir sa mission de destruction. Pendant ce temps, l’oiseau noir d’Ali volera vers Youssouf et viendra loger dans le trou libéré par l’oiseau noir de ce dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire l’homme auquel ils étaient destinés.

Mais une fois leur tâche accomplie, ils reviendront chacun à leur nid d’origine, car il est dit : « Toute chose retourne à sa source. » Le mal dont ils étaient chargés n’étant pas épuisé, ce mal se retournera contre ses auteurs et achèvera de les détruire. L’auteur d’une mauvaise pensée, d’un mauvais souhait ou d’une malédiction est donc atteint à la fois par l’oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir, lorsque celui-ci revient vers lui.

La même chose se produit avec les oiseaux blancs : si nous n’émettons que des bonnes pensées envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées, ses oiseaux noirs ne trouveront pas de place où loger chez nous et retourneront à leur expéditeur. Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes pensées que nous lui aurons envoyés, s’ils ne trouvent aucune place chez notre ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l’énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.

Ainsi, si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être. C’est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis, et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.

C’est ce que les Soufis appellent « l’égoïsme souhaitable ». C’est l’Amour de Soi valable, lié au respect de soi-même et de son prochain, parce que tout homme, bon ou mauvais, est le dépositaire d’une parcelle de Lumière en tant qu’étincelle issue de l’Irradiation Divine. C’est pourquoi les Soufis, conformément à l’Enseignement du Prophète, ne veulent souiller ni leur bouche ni leur être par de mauvaises paroles ou de mauvaises pensées, même par des critiques apparemment bénignes. »

(conte soufi)

Sur l’air du temps – In memoriam Fukushima

« Au pied de ce mur
Devant cette autre porte
Cette autre langue cet autre temps
Parce qu’il faut bien continuer à forcer les serrures
À chercher si n’importe quel objet même le plus vulgaire même le pire déchet n’est pas la clef d’une issue

Parce qu’il faut préparer des pistes pour nos successeurs
Avec des réserves de nourriture et des coins de repos
Parce qu’ils sauront ceux-là qu’ils comprendront et sentiront
Parce qu’ils pourront et voudront ceux-là
Parce qu’ils oseront ce que nous sommes incapables de rêver
Parce qu’ils seront enfin heureux ceux-là
Qu’ils seront délivrés de ce malheur si contagieux
Que celui d’un seul nous infecte tous  »

Michel BUTOR, In memoriam Michel Vachey

Trigramme de l'eau (encre de chine)Si nous sommes tous les cellules d’un seul corps, alors, oui, peut-être aussi que la plus grande santé (véritable, totale) d’un seul nous concerne tous ; mais quel est le prix à payer pour cela, et dans quelle mesure la santé véritable est-elle encore possible, dans un monde gouverné par l’ego et la peur, et dont la nature originelle se meurt ? L’ego et la peur, aspects néfastes de l’eau-qui-sépare – il faudra un sacré miracle pour sauver l’eau de Fukushima, « ce malheur si contagieux [qu’il] nous infecte tous ». Je suis désolée.

Photo de l'eau par Masaru Emoto, cristal "Amour et Gratitude"

La part du colibri

« Un jour, dit la légende [amérindienne], il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : ‘‘Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?’’ ‘‘Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part.’’ »

« La Terre, être silencieux dont nous sommes l’une des expressions vivantes, recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l’espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu’au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences. Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées… »

Extraits de La Part du Colibri – L’espèce humaine face à son devenir, Pierre Rabhi, éditions de l’Aube, 2009.

Ces extraits font écho à l’intention de l’association Art Antérieur, dont Tout se transforme est un module :

Art Antérieur. Notre mission : changer le monde (pour les détails, on verra plus tard)