Archives de catégorie : Yi King et histoire des arts

Apprivoiser l’ombre, oser la lumière

Un peu d’histoire de l’art

La Lutte de Jacob et de l'ange, Rembrandt, 1659, Huile, 137 x 116 cm, Staatliche Museen, Gemäldegalerie, Berlin. Source : http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/rembrandt/luttedejacobaveclange.htmLe chiaroscuro (« clair-obscur ») est une technique picturale dont l’invention est généralement attribuée à Caravage (1571-1610). Elle a été employée par d’autres peintres célèbres, dont Rembrandt (illustration : La Lutte de Jacob avec l’ange, Rembrandt, 1659. Source : http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/rembrandt/luttedejacobaveclange.htm). Le contraste entre les parties lumineuses et les parties sombres y est utilisé de manière à exacerber l’intensité expressive du tableau, lui conférant une dimension tragique. Ce procédé se double souvent d’une intention symbolique, la lumière et l’ombre étant utilisées pour signifier respectivement les aspects célestes (divins, sacrés) ou terrestres de la scène représentée. Il est intéressant de signaler que, quelque sombres que les tons les plus foncés aient pu être lors de la création du tableau, le temps les a en général rendus plus obscurs encore, en raison du vieillissement de certains pigments et vernis utilisés. Hexagramme 48, le PuitsC’est le cas aussi des tableaux « au bitume » du XIXe siècle, qui ont mal supporté d’être privés d’exposition à la lumière (le phénomène est parfois réversible : exposer l’œuvre au grand jour ranime sa part de lumière). Comme le Puits (hexagramme 48) qui ne s’épuise que si on n’y puise pas, il semblerait donc que l’œuvre s’abîme si on ne la voit pas.

Dialogues de sourds ordinaires (a priori, aucun rapport, mais c’est pas grave)

Hexagramme 30, Le Feu, Lumière, Filet d'oiseleur, Ce qui attacheBien sûr, il y a toujours le risque de l’illusion, la pire de toute étant celle que l’on peut entretenir au sujet de soi. Bien sûr aussi, il y a le vertige des hauteurs, éblouissement de celui qui, trop tôt ou inopportunément, veut regarder le soleil en face. Bien sûr il y a mille erreurs d’interprétation possibles ; et dix mille raisons de douter, cent mille doutes que l’on ose à peine formuler. Mais rester toujours dans l’ombre de ce que l’on pourrait être, est-ce la solution (à quoi ?) ? Vivre, c’est prendre des risques – question de choix originel.

Logique Shadok. Source : http://membres.multimania.fr/shadoks/paspb.jpgSolution : définitions courantes (puisées par là >)

  • Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
  • Action de résoudre: solution d’un problème.
  • Dénouement d’une difficulté.
  • Conclusion.

J’ajoute, m’appuyant sur le Yi King, que le problème porte toujours en lui le germe de sa solution (même si ça peut être contrariant de l’admettre quand on se trouve face à un mur). « C’est dans l’ombre qu’il est bon de croire à la lumière » (dixit Edmond Rostand et/ou quelques-autres, sûrement).

La bataille des ombres selon Tchouang Tseu

« Un homme était tellement perturbé par la vue de son ombre et tellement mécontent de ses propres traces de pas qu’il décida de se débarrasser des deux.
La méthode qui lui vint à l’esprit fut de s’en éloigner en courant. Il se leva donc et courut, mais chaque fois qu’il posait un pied, il y avait une nouvelle trace, tandis que son ombre le suivait sans aucune difficulté.
Il attribua son échec au fait qu’il ne courait pas assez vite. Il courut donc de plus en plus vite, sans s’arrêter, jusqu’à ce qu’il tombe raide mort.
Ce qui lui échappa, c’est que s’il avait simplement marché dans l’ombre, son ombre aurait disparu et que s’il s’était assis et tenu tranquille, il n’y aurait plus eu de traces. »

L’incitation à ne pas avoir peur de grandir de Nelson Mandela

« Nous ne craignons pas tant notre incompétence que notre incommensurable puissance. C’est la luminosité de notre âme, et non ses ténèbres, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : «Pourquoi serais-je, moi, un être brillant, magnifique, talentueux, formidable?» En réalité, pourquoi ne le seriez-vous PAS ? Votre manque de grandeur ne sert pas le Monde. Il n’y a aucune noblesse à rester médiocre pour rassurer les autres. La grandeur n’est pas l’apanage de quelques élus ; elle se trouve en chacun de nous. Lorsque nous laissons notre âme répandre sa lumière, nous permettons inconsciemment aux autres de révéler la leur. Lorsque nous nous affranchissons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. »
Résonance, voire communion plus que communication ?

L’existence comme une mer d’ombre sur laquelle il s’agit d’apprendre à marcher pour créer sa vie

Après un minimum de « travail sur soi » [aparte : essayer de trouver une expression moins besogneuse et moins moche pour remplacer celle-là], on admet assez facilement, au moins sur le principe, qu’il est souhaitable, ne serait-ce que pour vivre un peu plus heureux (ou un peu moins malheureux, c’est selon), de se désidentifier de sa part d’ombre (comprendre : tu n’es pas ta peur, ni ta colère, ni tout ce que tu  considères comme négatif en toi, à supposer que tu le voies). On  a généralement un peu plus de mal à réaliser la même opération de mise à distance par rapport à ce que l’éducation principalement nous incite à considérer comme « lumineux », « bien » ou « bon » ; c’est moins valorisant d’admettre que l’ensemble de nos supposées vertus n’est pas davantage ce « moi » véritable dont on peut espérer se rapprocher à force d’éplucher l’oignon des croyances et des habitudes. En gros, « je » ne suis ni ma part d’ombre, ni ma part de lumière – bien au contraire, comme dirait Coluche. Que reste-t-il au cœur de l’oignon, une fois qu’on l’a tout bien épluché ? La réponse est peut-être dans la question.

Nature morte ou vie tranquille ?

Nature morte à l'assiette d'oignons, Van Gogh, 1889. Source : http://www.yes-we-art.com/22621-22623/nature-morte-a-l-assiette-d-oignons-1889.jpgLa « nature morte » est un genre de tableau qui représente un groupe d’objets inanimés, issus du quotidien. La même chose se dit « still life » en anglais et « still Leben » en allemand, soit « vie tranquille »  ou « vie immobile ». Question de point de vue ?

Je rappelle que mes propos, c’est-à-dire l’ensemble des contenus de ce site et la manière de les présenter, n’engagent que moi et ne prétendent pas avoir une quelconque valeur de vérité.

Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
Solution tampon: solution assez concentrée dont le pH reste constant lorsqu’on y ajoute un acide ou une base, ou malgré sa dilution.
Action de résoudre: solution d’un problème.
Dénouement d’une difficulté.
Conclusion.
Interruption: solution de continuité.Mélange liquide homogène des molécules d’un liquide (solvant) et d’un solide (soluté), d’un gaz, d’un autre liquide.
Solution tampon: solution assez concentrée dont le pH reste constant lorsqu’on y ajoute un acide ou une base, ou malgré sa dilution.
Action de résoudre: solution d’un problème.
Dénouement d’une difficulté.
Conclusion.
Interruption: solution de continuité.

Dix mille transformations : un mouvement

Un hexagramme est comme un arrêt sur image : il s’agit certes d’une figure puisque composée de traits a priori immobiles, mais cette immobilité n’est qu’apparente car l’hexagramme est un mouvement, l’instantané d’une transformation en cours qu’il (pré)figure.

Saut en longueur, chronophotographie par Etienne-Jules Marey, XIXe s.De multiples illustrations de cette immobilité mobile peuvent être trouvées dans l’histoire de l’art : la chronophotographie (photo ci-contre), mais aussi le Cinétisme, le Futurisme, le Cubisme, etc. ; ceci en ne se référant qu’aux techniques d’image fixe, puisque l’hexagramme est supposé en être une.

Revenons aux traits de base : Yin ou Yang. Le principe qui sous-tend le monde est le changement, la pulsation universelle et « permanente » Yin Yang Yin Yang Yin… Un trait Yin deviendra Yang, un trait Yang deviendra Yin, inéluctablement – mais les modalités de ce passage (de cette mutation) sont multiples. Comme dans le Taï Chi ou dans d’autres arts du mouvement, le chemin le plus court (ou le plus efficace) entre deux points (ou deux états) n’est pas toujours la ligne droite. Et de fait, les traits Yin et Yang qui composent les hexagrammes, continus (traits Yang) ou discontinus (traits Yin), n’ont pas de forme définitive ; ils manifestent une certaine quantité (ou qualité, voire potentialité) de Yin et de Yang, c’est-à-dire une certaine proportion ou qualité de « Yin Yang ».

"Nu descendant un escalier", Marcel Duchamp, 1912Ainsi apparaît l’un des aspects de l’imbrication (que l’on pourrait qualifier de quantique) observable dans le modèle du vivant tel que le Yi King le décrit : chaque hexagramme porte en lui tous les autres, dans un système qui tient davantage d’une vision hologrammique que d’un système fractal, encore que les deux positions puissent être défendues. Mais en-deça (ou par-delà) les poupées russes ou l’entonnoir sémantique des hexagrammes, si on admet qu’un trait Yin est fondamentalement un trait en cours de mutation pour devenir un trait Yang, alors on accepte l’idée vertigineuse qu’il n’y a ni trait Yin ni trait Yang mais une infinité de possibilités de combinaisons Yin Yang à l’intérieur d’un seul trait, infinité contenue dans une infinité plus grande qui est celle de l’hexagramme, qui lui-même…

Deux polarités, quatre énergies de base, huit forces à l’œuvre dans la nature, soixante-quatre organisations « archétypales » (?) de l’énergie… Le système, circulaire et carré, serait-il, à l’image peut-être de l’univers, fini et sans limites ?