Le sens spirituel de la crise

J’ai rencontré récemment The Pathwork of self-transformation d’Eva Pierrakos (éditions Bantam Books, 1990), dont la version française est en rupture d’éditeur.

La version française s’intitule Les chemins de la transformation mais j’aurais tendance à proposer plutôt Le processus de la transformation de soi. Mon niveau en anglais est un peu juste pour comprendre toutes les finesses du discours, d’autant plus que s’agissant d’un texte inspiré, il m’est par moments difficile de savoir si la bizarrerie de langage que je relève provient des limites de mon niveau de maîtrise de l’anglais ou d’une association de mots qui aurait pour but de générer volontairement un décalage de sens, comme cela peut se voir dans la poésie.

Le premier passage dont je propose la lecture ci-après (N.B. : c’est celui que j’ai lu lors de la soirée Yi King du 21 octobre à Avignon) concerne Le sens spirituel de la crise (op. cit., chapitre 11, p. 145 et suivantes). Je l’ai traduit de manière cursive ; c’est-à-dire que j’ai traduit le sens global, ne m’arrêtant sur le dictionnaire que lorsqu’un mot ou une phrase était vraiment trop obscur pour moi. Je suis restée volontairement proche du texte anglais dans la forme, car une traduction littérale, donc un peu lourde, me semble préférable à un rédactionnel plus élaboré qui risquerait de s’éloigner davantage du sens original. J’ai parfois noté entre parenthèses l’expression originale en anglais lorsque son sens me paraissait particulièrement ambigu.

***

« Il y a des moments – et même des périodes qui durent – dans nos vies où soudain tout semble être arrivé à une fin. Nous sommes secoués au plus profond de notre être par des événements qui nous obligent à prendre des décisions difficiles, cependant que nos sentiments sont dans une telle agitation que nous ne savons pas quoi faire. (…)

Quel est le vrai sens, le sens spirituel de la crise ? La crise est une tentative de la nature d’effectuer le changement au travers des lois cosmiques de l’univers. Si le changement est empêché (obstructed) par l’ego, la part de la conscience qui dirige la volonté, la crise va se produire pour rendre possible le changement structurel.

Sans un tel changement structurel dans l’entité, aucun équilibre ne peut être atteint. Toute crise ultimement signifie un tel réajustement, si elle apparaît sous la forme de douleur, difficultés, bouleversement, incertitude, ou simplement de l’insécurité qui vient de la mise en route d’une façon de vivre inhabituelle après en avoir abandonnée une qui nous était familière. La crise sous toutes ses formes essaie de briser les vieilles structures basées sur des conclusions fausses et par conséquent sur la négativité. La crise secoue (défait) les habitudes enracinées et figées (gelées) de manière à ce qu’une nouvelle croissance devienne possible. Elle démolit et elle brise, ce qui est momentanément douloureux, mais la transformation n’est pas pensable sans cela.

Plus une crise est douloureuse, plus la part de la conscience qui dirige la volonté fait obstruction au changement. La crise est nécessaire parce que la négativité humaine est une masse stagnante qui a besoin d’être secouée pour qu’on puisse la laisser partir. Le changement est une caractéristique intégrale de la vie (fait partie intégrante de la vie) ; là où il y a de la vie, il y a un changement permanent. Seuls ceux qui vivent encore dans la peur et la négativité, qui résistent au changement, perçoivent le changement comme une chose à laquelle il faut résister. Ils résistent à la vie même, et la souffrance se resserre encore plus étroitement autour d’eux. Cela survient dans le développement global des personnes aussi bien que dans des situations spécifiques.

Les êtres humains peuvent être libres et en bonne santé dans les domaines où ils ne résistent pas au changement. Ils sont en harmonie avec le mouvement universel. Ils grandissent et expérimentent constamment la vie comme profondément satisfaisante. Cependant ces mêmes individus réagissent complètement différemment dans les domaines où ils ont des blocages. Ils s’accrochent peureusement à des conditions  non changeantes à l’intérieur et à l’extérieur d’eux-mêmes. Là où ils ne résistent pas, leurs vies seront relativement dénuées de crises ; dans les domaines où ils résistent au changement, les crises sont inévitables.

La fonction de la croissance humaine est de libérer les potentiels propres à chacun, qui sont vraiment infinis. Toutefois, là où des attitudes négatives stagnent, réaliser ces potentiels est impossible. Seule la crise peut démolir une structure qui est construite sur des bases qui contredisent les lois de la vérité cosmique, l’amour, et la félicité (bliss). La crise secoue l’état gelé (figé), qui est toujours négatif.

Sur le chemin de l’accomplissement émotionnel et spirituel vous avez besoin de travailler intensément pour vous libérer de vos négativités. Quelles sont-elles ? Les conceptions fausses ; les émotions, attitudes et schémas de comportement destructeurs qui en émanent ; les prétextes (prétentions ? pretenses, pas pretences=prétextes) et les défenses. Mais rien de tout cela ne présenterait trop de difficulté en soi s’il n’y avait la force auto-perpétuante qui pousse chaque aspect négatif dans un élan toujours croissant dans la psyché humaine (But none of these would present too much difficulty in themselves if it were not for the self-perpetuating force that compounds each negative aspect in an ever-increasing momentum within the human psyche.).

Toutes les pensées et les sentiments sont des courants d’énergie. L’énergie est une force qui augmente avec son propre élan, toujours basé sur la nature de la conscience qui nourrit et dirige le courant d’énergie en question. Par conséquent, si les concepts et sentiments sous-jacents s’accordent avec la vérité et donc sont positifs, le mouvement auto-perpétuant du courant d’énergie va faire grandir infiniment (ad infinitum) les expressions et attitudes implicites dans les pensées sous-jacentes. Si les concepts et sentiments sous-jacents sont fondés sur l’erreur et donc sont négatifs, le mouvement auto-perpétuant du courant d’énergie va pousser ( ? compound), bien que pas infiniment (not ad infinitum). »

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